Après le magnifique "Pourquoi les hommes sont des gamins?", et avant le mystérieux "Pourquoi les femmes préfèrent les connards?" (ça, c'est du teaser), voici une autre question palpitante.

 

“Prend à gauche. Non, pas là, l'AUTRE gauche. Et voilà, t'as raté la rue, fait le tour par là. Non là c'est sens interdit. Ok ce soir, on s'en fout des sens interdits, t'as raison, c'est toi qui conduit, je dis rien. Mais tu sais, j'aurais laaaargement pu conduire. Oui je sais c'"est Yannick qui a tenu à t'appeler pour que tu viennes me chercher, mais il a fait ça parce qu'il était bourré. Bah tu sais, rien de spécial, soirée jeu vidéo normale, quelques bières, des matchs de foot. C'était cool, puis à un moyen il y a Sandrine, la soeur de Yannick... Non pas elle, l'autre, sa petite soeur, celle qui fait de la gymnastique. D'ailleurs la gym, ça conserve, putain tu verrais son cul héhé elle était trop bonne. Tourne à droite, qu'est-ce que je disais déjà... Oui je sais, j'ai dit que c'était juste une soirée entre mecs, tu te serais fait chier de toute façon... J'arrive pas à croire que t'arrives toujours pas à retrouver la route pour prendre le periph'... Tu sais que je t'aime, putain j'crois qu'on vient d'écraser un pigeon. Bébé pourquoi t'es toute rouge?”

 

femme hystérique la fille h

 

Pourquoi, pourquoi, pourquoi?

Oui tient, ça, c'est une bonne question, pourquoi donc deviendrais-je, d'un coup d'un seul, hystérique?

 

Pourquoi les femmes sont-elles hystériques?

 

La femme va peut-être crier. Peut-être pleurer. Peut-être faire les deux en même temps.  Les yeux bouffis, la bouche déformée, elle va évoquer des événements lointains que l'homme aura oublié. Il répétera " Mais putain, je comprends pas de quoi tu parles". Elle continuera de jeter des assiettes à travers le salon. Ca y est, le mode "hystérie" est enclenché. Et, non, dire " t'es complètement folle!" n'aidera pas, bien au contraire. Commençons à réfléchir.

Au fait, des deux, qui est fou au point d'avoir cru qu'il n'y aurait aucune réaction?

 

Petite étude sur le terrain:

Il me raccompagne à la bouche de métro au petit matin. Pendant tout le trajet, il me décolle pas sa main de la mienne. Je n'aurais pas oser lui prendre la main, même après la folle nuit d'amour que l'on vient de passer, mais c'est lui qui a pris l'initiative.  J'ai baissé les yeux vers le trottoir en rougissant quand j'ai senti la pression de ses doigts. Maintenant, il est sur le quai avec moi,à entendre le métro qui va me ramener chez moi. Quand le train arrive, il m'attire contre lui et m'embrasse "Passe une bonne journée". Je monte dans la rame, tout sourire, en le regardant disparaître dans les escaliers. Quand les portes ne referment dans une sonnerie stridente, je sens mon téléphone vibrer dans ma poche. Ca vient de lui, j'ai du mal à me retenir de rire en me faufilant vers un siège libre. C'est carrément adorable qu'il m'envoie déjà un message.


"Je crois qu'il vaut mieux qu'on arrête là, c'est pas ce que je cherche. Allez, sans rancune."

Et moi, je crois que c'est une bonne chose que je soit assise. Euh... juste une question, comme ça, pourquoi ne rien avoir mentionné au réveil? Pourquoi m'avoir raccompagné? Un "bon, ben on s'appelle", sur le pas de la porte aussi suffit.Ou alors carrément, cette nuit, j'aurais compris la signification d'un "je t'appelle un taxi?". Mais non, il a fallu tout ce trajet,dans un Paris qui se réveille, l'odeur des croissants, les premiers rayons de soleil, les oiseaux, il a fallu qu'il m'embrasse et que je sente mon coeur se ramollir. Connard. Et en plus, pour que je reçoive son message aussi vite, c'est qu'il devait probablement être pré-enregistré.

Comme une envie de détérioration de matériel.

Sans rancune, hein.

 

La table est mise, du four, se dégage une bonne odeur de lasagnes, tout est parfait. Il ne reste qu'à ouvrir la bouteille de rouge et allumer les chandelles. J'ai même utilisé un recourbe-cils, pour la première fois. Plus pour la beauté du geste et se la péter devant le miroir, que pour son effet. Mais je suis quand même plutôt fière de ne pas m'être arraché la paupière. Ni crevé l'oeil. Soudain, je reconnais la sonnerie de mon téléphone à travers la musique d'ambiance.

"Vraiment désolé, mais je viens de croiser un pote que j'ai pas vu depuis une éternité, on va se manger une pizza ensemble."

Comme une envie de participer à un concours de lancer de téléphone. Et c'est pas fini.

"Je peux quand même venir dormir chez toi quand j'ai fini?"

Quelle question! Mais bien sûr mon chéri, je ne vois pas pour quelles raisons je pourrais être vexée, énervée, jalouse, dégoûtée, en pleurs, sur le point de finir un kilo de lasagnes et une bouteille de rouge toute seule. Tout en piétinant ta photo, ça va de soit.

 

Et tout ça, à distance, bien entendu. Par téléphone. Non, encore mieux, par texto. Quand la seule chose qu'une femme peut faire pour se défouler est de crier dans son oreiller. Alors oui, c'est possible que cette haine ( qui est totalement justifiée, hein. Parce qu'il faut arrêter de dire que ça vient de nul part) quand on a un homme sous la main, à la moindre contrariété. Pauvre petite chose.

 

 

Pourquoi les femmes sont hystériques? Parce que les hommes provoquent l'hystérie.