La Fille Horizontale

...and you're welcome!

Un homme qui ne rapelle pas alors qu'il a assuré qu'il le ferait? 25 ans passés et toujours pas de boulot? Comment rattraper une tâche de vomi sur des escarpins? Besoin de 10 idées pour se dire que finalement votre vie n'est pas si merdique? De quelqu'un pour affirmer que perdre sa virginité avec un parfait inconnu (à défaut d'un homme parfait) n'est pas forcement le signe d'un deséquilibre mental ou d'une absence totale de dignité? Ou tout simplement besoin d'un guide de survie pour devenir une fille bien qui s'assume comme elle est, un peu rock'n'roll, un peu barée, un peu naïve mais débrouillarde, cool et moderne?

         Très loin d'avoir toutes les réponses, j'ai par contre développer au fil des années, des rencontres alcoolisées et des soirées à déambuler pieds-nus dans toutes les capitales européennes, une certaine capacité pour 1- reconnaitre un connard et 2- en tomber éperdument amoureuse en moins de deux minutes.  

         Alors non, je ne pourrais pas vous apprendre à éviter le dit connard, spécimen en constant développement, mais mon expérience en la matière pourra vous servir d'exemple à ne pas suivre et pourra illustrer de façon très coloré toutes les questions que l'on se pose sur les hommes, sur les relations, sur le sexe, sur la vie, sur comment arrêter de toujours finir par rouler une pelle au gars qui se trouve juste à côté du gars que l'on piste depuis 6 mois, parce que, parce que...parce qu'il n'y a aucune raison mais qu'on est juste foutrement incapable de mettre un pied devant l'autre et d'arriver à nos fins. Et ce depuis le Cm1 où on a cru qu'en ne parlant plus à Jeremy du jour au lendemain il comprendrait que c'est tout simplement parce qu'on est folle amoureuse de lui. Enfoiré de Jeremy, le premier d'une longue liste de mecs qui n'ont rien compris à nos manoeuvres...

 

      Soyons honnête il y a des trucs que, en tant que fille, on se doit de faire, parce que c'est cool, la plupart du temps, très très con aussi mais si on ne le fait pas, on finit par ne jamais rien faire.

Voici ma liste de trucs stupides, mais cool, mais débiles, mais drôle mais...:

 

      - Tomber amoureuse.

      - Tomber amoureuse d'un mec bien.

      - Tomber amoureuse d'un connard.

      - Larguer un mec bien.

      - Se faire larguer par un connard.

      - Perdre sa virginité avec un inconnu.

      - Se saouler.

      - Téléphoner à un ex, saoule.

      - Oublier.

      - Se rappeler.

      - Ecrire une chanson.

      - Jouer sur scène.

      - Tomber amoureuse d'une rock star.

      - Coucher avec une rock star.

      - Sortir avec une rock star.

      - Se faire larguer par une rock star.

      - Etre une groupie.

      - Avoir dix numéros de téléphone de musicien dans son répertoire.

      - Etre une habituée des guest-lists.

      - Se la jouer.

      - Danser avec des talons de 12 cm.

      - Danser avec des talons de 12 cm au Truskel.

      - A feu l'Elysée Montmartre.

      - Au Baron.

      - Au Paris-Paris.

      - Chez Régime.

      - Réussir son Bac.

      - Foirer sa licence.

      - Dormir au Quick des Champs Elysées.

      - Décuver au Starbuck des Halles.

      - Porter des lunettes de soleil la nuit.

      - Se faire demander en mariage.

      - Se faire demander en mariage et dire non.

      - Se pointer chez un quasi-inconnu juste parce qu'il a une belle gueule et y rester trois jours.

      - Pleurer dans une cabine d'essayage.

      - Faire du stop.

      - Voyager.

      - Boire seule.

      - Danser seule.

      - Partir loin.

      - Etre admise dans une grande école.

      - Avoir son premier appart.

      - Sortir avec un homme marié.

      - Essayer les sites de rencontre.

      - Tomber amoureuse.

      - Se faire avoir.

      - Essayer les plans cul.

      - Boire pour oublier.

      - Lire.

      - Grandir.

      - Sortir.

      - Tomber amoureuse.

      - Tomber amoureuse pour de vrai.

     - Tomber amoureuse pour de vrai d'un homme qui nous aime pour de vrai.

     

Tout ça pour finalement avoir de vrais problèmes de vrai couple, des embrouilles au milieu de la nuit, des jalousies idiotes fondées sur du vent, des prises de tête sur des détails, des regards, des non-dits, mais c'est presque une partie de plaisir d'être arriver jusque là. Mais d'ici là, il nous reste les "quelques" points susnommés à développer...

 

Leçon 1 à suivre très prochainement.

 

De rien.

Tout le plaisir sera pour moi.

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22 décembre 2012

Like a virgin!

J'ai perdu ma virginité le 26 août 2006.

Aux alentours de minuit. Du coup, techniquement, c'était probablement le 27 au petit matin. Je me souviens de la date. Pas parce que c'était important, que j'ai remplis des pages entières dans un journal intime, ou parce que j'y avais réfléchi des mois à l'avance ou parlé pendant des semaines avec un petit copain pressant. C'était pas le cas. Et ça s'est passé avec un inconnu. Mais je m'en souviens parce que c'était juste après que j'ai assisté au concert de Radiohead à Rock en Seine. Tellement "juste après" qu'en fait ça a commencé pendant le concert.

J'avais planté ma tente, toute seule comme une grande, au camping du festival, deux jours plus tôt et avais enchainé des concerts plus cools les uns que les autres: The Raconteurs, Beck, Nada Surf, The Rakes, Kasabian, Phoenix, Wolfmother... Le concert des Rakes s'achevait, le soir commencait à tomber doucement et je me souviens qu'il faisait encore très chaud parce que je portais un haut dos nu blanc et pas de veste. Il me faisait une poitrine de malade, genre comme quand on essaie de se rapprocher les seins en serrant les bras de chaque côté ( ne levez pas les yeux, vous savez très bien de quoi je parle!) mais sans cette gestuelle ridicule peu pratique en concert. Le concert vient de finir sur la petit scène et à l'autre bout du parc de Saint-Cloud, Beck entame "Soyyy un perdedooor", l'hymme de mon adolescence, je reprends avec lui "Double-barrel buckshy" en me dirigeant vers lui, la foule est impressionnante, 30 000 personnes, je lirais plus tard dans la presse, je me faufile tranquillement, "I'm a loser baby, so why don't you kill me ?".

Je me faufile, "pardon", "excusez-moi", petit sourire. Je gagne du terrain, j'avance, les rangs sont de plus en plus resserrés, c'est de plus en plus difficile de grignoter des mètres. Bientôt ça devient impossible de glisser une épaule en avant, l'air de rien, mais je suis contente de ma place, dans les 20 premières rangées. Beck termine son set et son incroyable spectacle de marionnettes, j'applaudis à m'exploser les mains. La foule se détends un peu, au propre comme au figuré. Elle est moins dense, et un petit groupe en profite pour grignoter quelques places, eux aussi. Trois mecs, ils se frayent un chemin plus facilement que moi, sautillant et se servant de leur sac à dos comme bouclier,  ils me frolent puis me dépassent. Je vois la faille et m'y engouffre. Quelques mètres plus loin, ils sont stoppés dans leur élan par une masse compacte et moins conciliante à les laisser passer. Je suis compressée avec eux. Collée à eux. Ou plutôt à l'un d'entre eux. "Désolée, ça pousse derrière". Sourire. Le soleil baisse, l'excitation monte. Radiohead bientôt à quelques mètres de moi. Tout bourdonne autour. Ca chahute, donne des coups de coudes, de temps en temps un cri s'échappe de cette forme mouvante, un cri pour encourager le groupe à se montrer, un cri pour évacuer la pression. Ca sautille sur place, un sourire accroché on visage. Ca arrive bientôt. ILS arrivent bientôt. Mon groupe de 3 est toujours à côté, on échange des futilités "putain on est bien placé!", "t'as fais les deux jours toi aussi?" , "t'as aimé Calexico?", "vous venez d'où?", "ça va être énorme!". Je leur pique une gorgée d'eau. Je souris, on souris tous, mais à lui je lui souris peut-être un peu plus. Puis les spots s'éteignent, la scène est plongée dans le noir avant d'être rallumée doucement en laissant apparaître les cinq silhouettes du groupe. Un vrombissement énorme, les pieds qui se décollent du sol, les mains dans les airs pour attrapper les premiers accords de Airbag. Je ne suis pas une grande fan de Radiohead. Bien sûr je connais tous leurs tubes, j'ai déjà écouté un ou deux de leur albums en entier, mais je n'ai aucun de leur album, et je n'ai jamais cherché à les voir en concert avant. Mais pourtant, je plane complêtement, la voix est puissante, la basse profonde, la guitare intense, la batterie ententante. Je me balance, je suis en transe, je me surprends à fermer les yeux, à danser. Aboutissement de deux journées fieuvreuses, peut-être. Surement. La fatigue, l'excitation, l'émerveillement, peut-être. Surement. Je fredonne même certaines chansons. Morning Bell. Il se retourne quelques fois. Sourit toujours. Fake Plastic Tree. Le mouvement perpétuel de l'univers fait qu'on finit par se retrouver côte à côte, épaule contre épaule. Lucky. Je pleure. Sans vraiment savoir pourquoi. Mais sans avoir envie d'essuyer mes larmes. Il me prends par la main. Je fixe la scène, mon coeur va imploser, il fait autant de bruit que la basse de Colin Greenwood. J'ai peur de le regarder. The Bends. Je le regarde dans les yeux. Ses amis ont vu nos mains, ça les fait rire. Je ris aussi. I Might be Wrong. Je lui sourit, je me sens incroyablement bien. Il ne lâche pas ma main. Everything Is In Its Right Place. Il m'embrasse. La lumière s'éteint, ils quittent la scène. Le noir est total. On applauddit, on crit, ils reviennent. There There et Karma Police pour ce que je m'en souviens. Ses yeux sont bruns comme ses cheveux, j'entends ses amis l'appeler Steph'. Stephane? Stéphane. Il me tient toujours la main quand "i lost myself" résonne pour la dernière fois.

Les lumières se rallument, pour de bon cette fois, la foule se disperse, mais personne n'a réellement envie de partir, abasourdi, hébété des petits groupes s'installent sur ce qu'il reste de la pelouse pietinée. On a le souffle coupé et on se contente de se répéter " putain, c'était énorme...". On finit par se diriger vers la buvette, il y a encore un monde fou, on partage deux-trois informations, lieu de résidence, âge, profession. Vos papiers, s'il vous plait. C'est à nous, il prends une bière, moi une simple bouteille d'eau. Je suis déjà ivre de cette soirée, de ce weekend entier. De ce baiser, en particulier. On marche dans le parc qui se vide doucement, il me dit qu'il est au camping aussi, on quitte ses amis rapidemment, il me raccompagne chez moi, comme un gentleman, devant ma tente. Il n'a pas lâché ma main depuis le concert. Je suis collée à lui, sur la pointe des pieds, on s'embrasse à pleine bouche, je suis essouflée, j'ai chaud, j'embrasse son cou, sa peau, j'ai envie de lui, il me presse contre son corps, j'ai les mains sous son tee-shirt, accrochées à son dos, j'ai envie de lui, j'ai la tête qui tourne, j'ai envie qu'il fasse partie de moi, qu'il soit en moi. "Tu veux venir dans ma tente?", je dis. Il hoche la tête. J'ouvre maladroitement la fermeture éclair qui sert de porte, j'ai les mains qui tremblent. Il la referme. Je m'alonge, on ne peut pas tenir debout de toute façon. Il s'allonge à côté de moi et on se remet à s'embrasser à en perdre le souffle. J'ai dans la tête cetre idée que j'ai très envie de lui, comme j'ai jamais eu envie de personne avant ça, et que ça va se passer. Maintenant. Je vais faire l'amour avec lui. C'est ce que je veux. J'approche ma main de sa ceinture, je la defais, lentement, je glisse ma main dans son jean, jusque là je connais, il vient sur moi, son genoux est entre mais jambes et j'aime cette pression, il se dégage, enlève son jean et son caleçon, enlève le mien un peu difficilement, je rigole. Il s'allonge sur moi, je caresse sa nuque, son dos, ses fesses. Il vient en moi, je gémis, un peu plus bruyamment peut-être que ce que j'aurais voulu, une petite douleur, comme une crampe. Il se retire, dit "excuse-moi". Je dis "c'est rien" et on recommence à s'embrasser. Je me demande naïvement pourquoi il s'est excusé, si c'est à cause de moi, si j'ai fait quelque chose, ou si c'est parce qu'il a déjà "fini", je me demande si ça se devine que je suis vierge, je ne veux surtout pas lui dire, je ne le connais pas, je ne veux pas qu'il le sâche, j'ai peur qu'il ait peur. Mais il continue de m'embrasser tendrement, la panique s'envole et j'ai à nouveau très envie de lui. Il revient sur moi doucement, je remonte les genoux comme j'ai vu dans les films, il embrasse mes seins, il vient en moi lentement, et là aucune douleur, aucune crampe, juste une impression de plénitude, le souffle coupé je le serre, pour qu'il vienne en entier. Je le sens et j'adore cette sensation. Il jouit, se couche un instant sur moi, à ce moment j'ai très envie de rire, je me mords les lèvres pour me retenir, j'en pleure presque, c'est nerveux, il m'embrasse, se retire, enlève le préservatif et le jette dans un mouchoir qu'il range dans la poche extérieur de son sac à dos. Je remets vite ma culotte, j'ai peur de saigner. Je ne veux pas qu'il sache. Il me demande si il peut rester dormir, je dis " bien sûr". Et il s'endort. Je passe la nuit à passer ma main entre mes jambes pour vérifier que je ne saigne pas. J'ai le coeur qui cogne à défoncer la toile de la tente, mes oreilles bourdonnent toujours du concert, j'ai du mal à respirer.

Il se réveille au petit matin, m'embrasse, me demande si j'ai bien dormi. Il me dit qu'il doit aller défaire sa tente, récupérer ses affaires et retrouver ses amis. Qu'il revient un peu plus tard. Je l'embrasse une dernière fois et le regarde s'éloigner dans une allée de tentes. Autour de moi, tout le monde s'agite, débraillé, mal coiffé, comme si personne n'avait dormi, des sacs s'empillent dans tous les coins alors que les premières tentes s'effondrent. Je me renferme dans la mienne. Je viens de perdre ma virginité. Je prends mon mini-miroir dans mon sac et je me regarde. Ça va, je ne suis pas trop mal, pas d'énorme bouton bouton au milieu du visage, pas de plaque, le visage avec tout ce qu'il faut là où il faut. Mon inconnu n'a pas fait l'amour avec une inconnue moche croisée à un festival. Je suis plutôt belle. Dernière vérification entre mes cuisses, je ne saigne toujours pas. Ok. Tout va bien. Respire. Je ne suis plus vierge. Je souris. Et en même temps j'ai presque envie de pleurer. Je ferme les yeux, j'ai un flash-back, un mouvement en rein en particulier. Particulièrement efficace. Ça y est, j'ai encore envie de rire. Je m'habille, je fais mon sac, je demande de l'aide à mes voisins pour replier ma tente Quechua. Et je me retrouve prête à partir et il  n'est toujours pas là. Je regarde l'heure. Je ne sais pas à quelle heure il est parti. Ni combien de temps j'ai mis à préparer mes affaires. Je panique. Je n'ai aucune idée d'où est sa tente, juste une direction, sur la gauche au bout de  l'allée, mais le terrain est immense et il y a du monde partout. Je reste un peu moment, sur le terrain qui n'est réservé au cas où il revienne. Il ne revient pas. Je mets mon gros sac sur le dos, ma tente en équilibre sur une épaule et je pars à la recherche de l'homme avec qui j'ai perdu ma virginité. Je sais que c'est une cause perdu mais j'ai besoin de le revoir, pas de tomber dans ses bras, échanger nos coordonnées, et promettre de se retrouver dans un mois. Je sais qu'il habite loin, et je le ne connais pas assez pourqu'il me manque. J'ai juste besoin de le revoir. J'ère, désespérée, dans les allées, puis revient à mon emplacement. Je m'en veus d'être partie si vite, il a dû revenir et je n'étais plus là. Je n'arrive plus à respirer et je me sens triste. Je reste encore un moment, scrutant chaque visage autour de moi, les tentes sont de plus en plus rares. Je décide de partir, j'ai un train à prendre. Puis je n'ai absolument pas envie d'être cette fille malheureuse et stupide qui attend quelqu'un qui ne viendra pas. Je n'ai pas envie de me dire que je suis conne. Pas encore. Pas aujourd'hui. Je prends le métro jusqu'à gare de Lyon, puis un TGV. Je rentre chez moi.

 

J'ai perdu ma virginité avec un inconnu. Un inconnu pour qui j'ai eu un désir immense. Un inconnu avec qui j'ai passé un très très court moment, mais un moment très très spécial. Ça aurait peut-être pu être le début d'une histoire. Si on avait été dans un film. Au lieu de ça, ça a été le début et la fin d'une très petite histoire. Je n'étais ni saoule, ni sous l'influence d'une drogue quelconque, je n'ai pas été trompé par un sale type qui a abusé de moi. Et si c'était effectivement son ambition, il l'a fait avec classe parce que rien n'a été forcé. Et j'ai même pris du plaisir. Alors oui effectivement, ça va paraître sordide pour la plupart des gens, le contexte, la personne, l'absence d'amour. Mais peut-être qu'en fait c'était parfait parce qu'au moment où s'est arrivé j'en avais irrésistiblement envie, et peut-être que ce qu'il s'est passé, embrasser un inconnu pendant que Thom Yorke chante Karma Police, c'est un peu de la magie. Et que cette nuit, finalement, on étant honnête, c'était un peu de l'amour.

Peu importe s'il s'avère que finalement c'était juste un gros connard qui voulait se taper une gamine après avoir picoler toute la journée à un festival, parce que je ne le saurais jamais, je le ne reverrais jamais. Il restera à jamais cet homme au visage flou qui embrassait incroyablement bien. Je n'ai pas choisi de perdre ma virginité avec lui, ce n'était pas mon plan, mais j'en ai eu envie. Alors que je n'avais jamais eu un tel désir pour mon ex-copain. J'ai attendu presque un an avant de refaire l'amour avec quelqu'un. Parce que je n'avais pas de copain à l'époque. Je ne suis pas devenue une salope parce que j'ai fait l'amour dans une tente avec un mec que je connaissais depuis deux heures. Pour moi, perdre sa virginité ce n'était pas un événement en soit ou un but à atteindre, je ne recherchais pas la perfection, bien sûr j'aurais aimé perdre ma virginité avec un homme que j'aurais aimé, en fait j'aurais aimé perdre ma virginité avec l'homme que j'aime en ce moment, parce que je veux que ça dure toute la vie et j'aurais aimé qu'il n'y est que lui, mais ça voudrait dire que je serais restée vierge jusqu'à mes 24 ans et surtout, étant donné que personne ne m'a jamais donné autant de plaisir, je n'aurais aucune idée de la chance que j'ai!

L'important ce n'est pas comment on perd sa virginité, parce que j'ai fait des trucs bien pires, vraiment sordides pour le coup, et j'ai croisé des vrais connards aussi, mais c'est plutôt comment on envisage son entière vie sexuelle, à savoir, pour ma part, respecter son désir et désirer le respect.

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24 décembre 2012

Cher Père Noël...

Lettre adressée au Père Noël, (en dernier recours, vous l'aurez compris), il y a quelques années ( quand on commence à dire "quelques" au lieu de donner un chiffre précis, c'est le début de la fin... ça y est, je suis vieille, merci de me le rappeler foutu père noël!)

 

«  Cher Père Noël,

 

       cette année, comme tu dois le savoir, n’a pas exactement été une excellente année. En effet, entre le psychopathe maître-chanteur suicidaire, le meilleur ami qui se révèle être un amoureux transi et l’amant lointain lunatique qui ne fera jamais partie des personnes qui pensent à me souhaiter mon anniversaire, ça n’a pas été très évident.

Bien sûr, je sais que tu as fait de ton mieux, j’ai été gâtée tout le long de l’année si je mets de côté les hommes ( mais en fait je crois que je préfère les mettre au milieu, au dessus, sur les bords, autour et tout partout). J’ai bien réussi le concours d’entrée de la plus grande école de traduction du monde et j’ai bien conscience que, ça, c’est grâce à toi, parce que j’ai été bien trop occupé avec ***** pour réellement réviser quoi que ce soit... J’ai donc trouvé un bel appartement, déménagé du foyer familial ( mais ne t’inquiète pas, pas de changement d’adresse pour toi, je serais toujours chez papa-maman le 24, tu peux ramener tes pouvoirs magiques, comme d’habitude).

C’est pour ça que cette année, je fais encore appel à toi, cher Papa Noël, parce que j’ai confiance en toi, je sais que tu peux le faire! Cette année, concentre-toi sur une seule et unique chose. Je te demande de m’aider à trouver l’Amour (t'as vu, j'ai même mis une majuscule). 

 

 Cher Père Noël, s’il te plaît, apporte moi un homme. »

 

 

Ses doigts s’emmêlent dans mes cheveux alors qu’il s’agrippe à ma nuque.

 

Il m’embrasse comme personne ne m’a jamais embrassé et ça fait mal tellement c‘est bon. Je passe mes mains sous sa chemise pour les plaquer sur son dos nu et le serrer contre moi.

 

 

Je sais que c’est un peu vague, que la tâche va déjà être suffisamment dure comme ça, alors, je suis gentille, je t’ai préparé une petite liste:   

 

 

 

Une semaine plus tard, je le croise à une fête, il se fige quand il m'aperçoit. Puis il sourit. On parle toute la nuit, enfermés dans la salle de

bain. Sur l'écran de mon téléphone des dizaines d'appels en absence et de sms d'amis qui me ne trouvent plus. Me cherchent. Commencent

à fatiguer. S'apprêtent à partir. M'attendent à la voiture encore 10 minutes. Puis finalement sont chez eux, soit un peu inquiets ou un peu

vexés. Mais qu'importe! Lui aussi a perdu ceux qui l'accompagnaient, il n'y a que moi qui compte.

 Il dit que tomber sur moi est la plus belle des surprises et qu'on se reverra, c'est le destin.

 Enfin plus tard. En ce moment, il est un peu occupé.

 - Je voudrais pouvoir le voir en dehors d'une pièce close. Avec des gens autour, si possible.

 

 

Je l’attends, "par hasard", à la sortie de son travail.

Il pousse la porte, souriant, sa main refermée, serrée, sur celle d’une femme. D’une très belle femme.

Il me passe à côté, "Oh bonjour!" et dépose une bise sur chacune de mes joues, avant de s'éloigner. Toujours souriant, toujours avec elle.

Je frisonne en doutant que ça ait un quelconque rapport avec la température.

 - Cette fois, je le veux non-marié.

 

 

« Je suis vraiment désolé pour la dernière fois, que tu es dû voir ça, c’était mon ex-femme, on s’est marié il y a 3 ans, on était en instance

de divorce, c’était compliqué. Mais maintenant, ça y est, on est divorcé, tout est fini. »

- Bon, s’il le faut, il peut être divorcé. 

 

« Je te présente mes filles…

- Eventuellement, il peut avoir des enfants. J’aime les enfants après tout, je peux très bien devenir une belle-mère cool et marrante. Puis comme ça j’aurais les gosses à mi-temps sans les kilos de la grossesse. Ca peut le faire.

Ok, il peut avoir des enfants. 

 

, elles ont 8 et 6 ans »

- Je ne suis pas difficile, il peut avoir dix ans de plus que moi, la différence d’âge ne me dérange pas.

Tant que nous sommes sexuellement compatibles.

Et que tu m'augmentes pas mes capacités en calcul mental ( 8 ans - 3 ça fait combien déjà...??)

 

 

«  Bien sûr que je t’ai pas oublié, la nuit qu’on a passé ensemble, c’était pas rien.

C’est le genre de truc qui arrive une fois dans une vie… C’est juste que j’ai perdu ton numéro.

Mais cette fois, je le note! »

 - Je suis prête à accepter qu’il soit un peu mal organisé. Voire, un peu baratineur.

Il faut bien qu’il ait quelques défauts. Etant donné que, physiquement, il frôle la perfection. 

 

Bref, Père Noël, comme tu le vois, j’ai déjà une personne en vue ( ne me remercie pas) qui colle parfaitement, à ces quelques critères près et donc, il suffirait juste que tu me donnes un petit coup de pouce et qu’il se rende compte, par exemple, que je suis la femme de sa vie.

Ou alors, tu pourrais peut-être l’inciter à répondre à mes coups de téléphone et sms. Ou juste sms.

Ca serait un bon début.

 

Ne me déçoit pas, Père Noël, je commence à avoir une très mauvaise opinion des mâles de ce monde. Alors je compte sur toi,

je t’embrasse.

 

P.S.: Ou alors, trouve-moi un nouveau cerveau. Un tout neuf et sans l'option mémoire.

 

XoXo

                                                                                                                                                                  La fille H. »

 

 

 

 

 

 

 

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